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Quel impact sur l’environnement ?

Les traitements de surface regroupent de nombreuses opérations destinées à éviter la corrosion, offrir des capacités mécaniques aux pièces, comme donner un meilleur aspect esthétique. Aussi incontournables que puissent être ces opérations, l’industriel se doit nécessairement de prendre en compte également les enjeux environnementaux connexes

Tous les industriels vous le diront, aussi omniprésents qu’indispensables, les traitements de surface sont des étapes indispensables dans la fabrication d’un produit. Les raisons sont aussi simples que multiples : donner à la pièce ou au produit son fini, le protéger de la corrosion, le préparer à l’étape suivante de fabrication.

Les 3 étapes
3 types de déchets
Réduire et traiter les déchets
   
 Zoom sur :   ACHATS DIRECTS : les Fabricants et Prestataires 
 Zoom sur :   Le traitement de surface en chiffres .


Les 3 étapes
D’une façon générale, ce que l’on nomme traitement de surface comprend 3 phases
- La phase préliminaire de préparation de la pièce au revêtement suivant, qui consiste soit à dégraisser (nettoyage de toutes les traces de graisse ou huile à l’aide de solvants organiques ou aqueux ou par voie électrolytique, chimique ou par ultrasons), soit à décaper la pièce (par dissolution chimique de la surface de la pièce métallique, à l’aide d’acides chlorhydrique, sulfurique, nitrique, phosphorique ou fluorhydrique)
- la phase principale qui consiste soit en la démétallisation (élimination de la couche de surface de la pièce conférant à la pièce un meilleur accrochage des peintures, une amélioration des opérations de déformation à froid ou de frottement des pièces mécaniques), soit en l’argenture, dorure, cadmiage, chromage, etc. (par revêtements chimiques via des solutions métalliques acides ou basiques ou par revêtements électrolytiques par réactions de réductions d’un cation métallique), soit en l’anodisation, la phosphatation, la cémentation, la nitruration (permettant d’agir sur la modification physico-chimique de la couche superficielle de la pièce par traitements électrolytique, chimique, thermochimique ou thermique), puis en la neutralisation permettant de stopper la réaction chimique après traitement (milieu acide ou basique)
- et enfin, la phase de rinçage


Cette série d'étapes du traitement de surface génère des rejets complexes (contenant des polluants de nature diverse, selon les procédés utilisés), susceptibles d’interactions et dont la collecte sélective n’est pas toujours réalisable... Parmi ces déchets on trouve des matières organiques (huiles, graisses, solvants, etc.), des composés organo-halogénés (huiles chlorés, solvants de dégraissage, etc.), des matières en suspension (hydroxydes métalliques, etc.), des métaux, cyanures, matières phosphorées, matières azotées, fluorures, etc.


3 types de déchets
Formellement, les activités de traitement de surface engendrent 3 principaux types de déchets (source ADEME) :
- liquides (bains de décapage, de dégraissage, de traitement, etc.)
- boues, issues du traitement des déchets liquides et des eaux de rinçage contenant 60 à 70 % d’eaux et les métaux issus des déchets liquides précédemment cités.
- résines échangeuses d’ions, utilisées dans le traitement des eaux de rinçage, qui sont régénérables ou non, ou à usage unique.

Autant de polluants ayant un impact direct (pollution accidentelle se traduisant par la disparition d’espèces) ou indirect (modification de la toxicité de certaines substances ou apparition de déséquilibres favorisant certaines espèces néfastes à la plupart des autres et concerne, quoi qu’il en soit, la toxicité à long terme dû à l’accumulation de substances non éliminées)... C’est pourquoi l’ensemble des activités ou installations de traitements de surface est visé par la législation et se trouve recensé au sein de la nomenclature des installations classées. La loi prévoit un double régime, d’autorisation (A) pour les installations présentant des nuisances, inconvénients ou dangers importants, ou de déclaration (D) pour les autres activités, procédures préalables à la mise en exploitation (découvrez la nomenclature sur le portail achatsdirects.fr, rubrique ACHETEURS INFO).


Réduire et traiter les déchets
Des efforts d’optimisation des différentes opérations de traitements s’avèrent nécessaires. La substitution des solvants chlorés des bains de dégraissage par des solutions de lessive peut réduire les coûts d’exploitation et s'avérer une des pistes à explorer lors de l’installation de machines neuves. D’autre part, le domaine du traitement de surface fait appel à de nouvelles technologies propres comme le dépôt sous vide. Les ateliers de galvanisation disposent également de différentes possibilités pour diminuer, sinon éviter, les déchets dangereux (électrolyse permettant de régénérer les bains, un égouttage efficace des pièces avant trempage contribuant à la réduction des boues)... Des pistes qui, bien exploitées, peuvent permettre la réduction des boues de façon suffisante pour compenser les coûts supplémentaires ! Après, de façon générale, les déchets liquides doivent être stockés, conformément à la réglementation liée au stockage des produits liquides dangereux (utilisation de bacs de rétention, prévention des mélanges dangereux, affichage obligatoire, etc.) et le recours aux filières d’élimination idoines est impératif.

Ainsi, au moment de l’achat d’équipements de traitement de surface, il convient que l’acheteur prenne en compte ces différents éléments. Ce, afin d’identifier, dans le cadre qui l’intéresse, la machine la moins polluante, anticiper les équipements connexes (bacs de rétention, etc.) aux stockages des déchets générés et organiser la collecte avec les structures travaillant dans les filières d’élimination.


Le traitement de surface en chiffres

Le marché des traitements de surface représente, en France, un CA annuel de 6 milliards d’euros (900 000 tonnes de matériaux d’apport sont appliquées à des surfaces représentant 3 milliards de mètres carrés (pour 3 millions de tonnes de substrats traités) ; 200 000 tonnes de boues d’hydroxydes sont produites chaque année et sont envoyées dans des installations de traitement ou mises en centre de stockage ; 400 000 tonnes de solvants sont fabriquées dont 70 000 à 80 000 tonnes sont régénérés.