L'entreprise face à la gestion des risques

D'après la réglementation française, il incombe à l'entreprise de veiller à préserver la sécurité de ses biens et des personnes qu'elle emploie. Cependant, les dirigeants des PME/PMI ignorent parfois leurs différentes obligations et les solutions de protection qui s'offrent à eux. Tour d'horizon.

Le document unique : une obligation
L'évaluation des risques
Les méthodes d'analyse préventive
Les éléments de base
La sécurité des personnes
Rendre l'entreprise "étanche"
Le marché croissant de la sécurité

Le document unique : une obligation

La prévention des risques dans l'entreprise est strictement encadrée par la loi du 31/12/91. Cette loi impose à tout employeur de procéder à l'évaluation des risques auxquels est exposée son entreprise. Le décret du 5 Novembre 2001 va encore plus loin puisque toute entreprise qui est dans l'impossibilité de produire l'inventaire des risques sur un document unique est passible d'une contravention de classe 5 (1 524 €). Seuls le BTP, l'agro-alimentaire ou encore le secteur industriel ont élaboré depuis plusieurs années des documents d'analyses de risques.

L'évaluation des risques

Puisqu'il n'existait pas modalités techniques pour pratiquer une évaluation des risques de l'entreprise, les pouvoirs publics ont édité la circulaire DRT N° 6 du 18 avril 2002 qui vise à fournir des éléments de droit et des méthodes afin de faciliter la rédaction de ce dossier. L'obligation de produire ce document fait partie de la démarche de prévention qui incombe à tout employeur mais vise également à faciliter la mise en place de mesures de prévention des risques au sein même des entreprises.

Les méthodes d'analyse préventive

Il existe une multitude de méthodes d'évaluation préconisées par les professionnels du risque. Ces méthodes plus ou moins complexes sont toutefois adaptées aux entreprises disposant d'équipes de spécialistes, mais restent assez obscures pour les PME/PMI qui n'ont pas forcément acquis une culture de " Prévention ". Il existe également des solutions logicielles permettant aux PME/PMI d'évaluer leur degré de maîtrise du risque sécurité. Ces outils permettent d'analyser la situation de l'entreprise suivant les différents thèmes de la sécurité, d'évaluer les différents risques et de dresser une liste des points sensibles de l'activité.

Les éléments de base

La plupart des PME/PMI n'ont pas de méthode particulière ni d'outils logiciels pour évaluer les risques qu'elles encourent. Elles peuvent alors se rapporter à la circulaire DRT N° 6 du 18 avril 2002 ou sur des sites qui fournissent une abondante documentation sur la marche à suivre et les points à vérifier. Chaque entreprise est unique et il convient de procéder à une évaluation des risques en fonction des spécificités liées à l'activité de chacune d'elle. Certains points de prévention et de contrôle sont malgré tout obligatoire quelque soit le secteur d'activité : implantation du site, protection incendie, organisation des secours des personnes, consignes aux personnels, signalétique, méthodes d'évacuation. Il est donc nécessaire que les personnels puissent recevoir des consignes générales et/ou spécifiques, connaître les modes opératoires à suivre en cas d'urgence (arrêt des machines, installations ….). La formation à la sécurité est en effet un élément déterminant pour prévenir les accidents.

La sécurité des personnes

Les risques pour la sécurité des personnes doivent être évalués au niveau des procédés de fabrication, des équipements, de l'aménagement des locaux et des installations et ce, dans chaque unité de travail - voire à chaque poste de l'établissement.

Les employeurs pourront utilement se reporter au livre II du Code du Travail qui propose désormais un préambule qui traite des " Principes de prévention ".

Il ne convient pas seulement d'identifier les dangers pour les personnes mais aussi de les analyser. Les PME/PMI ne possèdent pas toutes les moyens d'effectuer des audits poussés de leur situation réelle face aux risques, c'est pourquoi la circulaire DRT N° 6 du 18 avril 2002 tente ainsi de pallier ce manque de repères.

Bien que les entreprises doivent préserver leurs biens matériels et immatériels en veillant à se prémunir contre les dégradations, les vols, les intrusions, elles doivent parallèlement veiller à la sécurité des personnes. Il va également dans leur intérêt de se protéger contre toute autre forme de malveillance, tel que : l'espionnage, piratage ou l'évasion de données...

Rendre l'entreprise "étanche"

Au-delà d'avoir l'obligation première de souscrire une assurance couvrant les dégâts dus aux incendies, inondations et autres catastrophes naturelles, l'entreprise est de plus en plus souvent amenée à se prémunir de moyens de protection matériels et/ou humains afin de préserver la bonne marche de son activité.

Bien qu'il semble plus couramment admis que les activités dites sensibles doivent faire l'objet de mesures spécifiques de protection des risques, il devient en revanche plus difficile d'évaluer avec pertinence son exposition à des risques tels que le vol, le sabotage, l'intrusion, l'espionnage industriel ou l'évasion de données…

Si la plupart des grands groupes possèdent leur propre service de sécurité des biens et des personnes, nombreuses sont les PME/PMI qui n'ont pas toujours les moyens ou le désir de créer des services entièrement dédiés à ce type de prestations. En effet, les risques encourus par les entreprises sont très souvent sous-estimés.

Pourtant, depuis ces dernières années, ces investissements n'ont jamais été aussi nécessaires.

Le marché croissant de la sécurité

A la suite des événements du 11 septembre 2001, les acteurs de la sécurité ont étoffé leurs offres en direction des entreprises.

Aujourd'hui, la technologie aidant, le marché propose une large palette de solutions de protection, telles que : le contrôle d'accès, la télésurveillance, le gardiennage, la cryptographie, le transport de valeurs, les alarmes, les points de contrôle, les enquêtes, la protection rapprochée... Mais la mise en place de ces systèmes et/ou de ces services 'humains' suppose que l'entreprise ait préalablement cerné avec précision les risques qu'elle encourt.

Elle pourra donc utilement s'adresser à des cabinets de conseils. Ces prestataires spécialisés dans l'évaluation et la maîtrise des risques pourront procéder, en collaboration avec l'entreprise, à un audit détaillé et très précis des risques auxquels sont exposés les biens et les employés.

Conclusion :


La sécurité fait désormais partie des principales préoccupations des entreprises.
En effet, il en va parfois de leur survie, elles devront prévoir les risques qu'encourent leurs biens et surtout leurs employés ; d'autant plus que les textes vont dans le sens d'une plus grande responsabilisation de l'employeur.

C'est pourquoi, la prévention des risques contribue donc à une meilleure compréhension des dangers potentiels et autres risques bien réels que rencontre l'entreprise, mais vise également à améliorer véritablement les conditions de travail.


A QUI S'ADRESSER

• Maîtrise des risques professionnels et optimisation des conditions de travail
www.preventica.com
• Santé et sécurité au travail
www.sante-securite.travail.gouv.fr

• Modalités pour mettre en place un programme d'évaluation a priori des risques professionnels
www.inrs.fr

• Le portail de la sécurité de la prévention et de l'hygiène au travail
www.securite-prevention.com