Nuisances urbaines et incivilités - L'amélioration du cadre de vie !

L'environnement dans lequel nous évoluons fixe en partie les conditions de notre existence. Les choix, qui le déterminent, doivent apporter des réponses à de nombreux problèmes pré existants. En effet, à la question posée par l'Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) lors d'une étude d'octobre 2002 " quels problèmes dans votre quartier ou votre commune vous préoccupent le plus ? " Les ménages urbains répondent en premier lieu le bruit puis le manque de sécurité (vandalisme, incivilités…). Le cumul de ces nuisances est révélateur d'un cadre de vie dégradé…

Le bruit devant le vandalisme
La théorie de « la vitre brisée »
A qui s'adresser ?

Le bruit devant le vandalisme

Selon 54 % des ménages interrogés, le bruit est la première nuisance lorsqu'ils sont chez eux (28% le sont souvent et 26 % de temps en temps). Il s'agit de nuisances liées essentiellement aux transports (circulation automobile, transports en commun et aérien). Plus d'un tiers de gens concernés résident près d'une rue où le trafic est dense, d'une voie de chemin de fer ou d'un aéroport. D'autre part, les nuisances sonores sont aussi fonction de la taille de l'agglomération. Des solutions visant à la réduction de ces nuisances existent : des plus lourdes (couverture d'un périphérique) aux plus légères (aménagement de chicanes destinées à réduire la vitesse des véhicules et donc le bruit).
Sous l'intitulé de vandalisme, on retrouve des dégradations de biens publics, de parties communes d'immeubles… Autant d'actes qui se retrouvent le plus fréquemment dans les zones urbaines sensibles (ZUS) pour un ménage sur deux. De même parmi les grands ensembles, 39 % subissent une situation comparable.


La théorie de « la vitre brisée »

Plus insidieuses que les nuisances liées aux infrastructures, les incivilités s'entendent selon Sébastian Roché (auteur de " Le sentiment d'insécurité ") comme un " ensemble de nuisances sociales extraordinairement variées qui ne blessent pas physiquement les personnes, mais bousculent les règles élémentaires de la vie sociale qui permettent la confiance ". Ces incivilités ont d'ailleurs donné naissance à la théorie dite de " la vitre brisée " (" Broken windows " de deux auteurs américains George L. Kelling et James Q. Wilson). Cette théorie, développée au début des années 80, est fondée sur une image " parlante ". Si on laisse une vitre brisée dans un quartier, sans réagir (recherche de l'auteur de l'incivilité mais aussi réparation des dégâts), très rapidement les actes d'incivilité vont se multipliés. Laissant les règles les plus élémentaires de la vie en commun sans défense face à ceux qui les bafouent… On trouve sous le terme d'incivilité les tags, les dégradations comme la casse de mobilier urbain, le jet de détritus sur la voie publique… Il s'agit là du préalable à un délabrement du quartier concerné. Sans entrer, sur une réflexion d'ordre pénal qui appartient aux politiques, on voit qu'il importe de réagir, en aval, ou de prévoir, en amont, en disposant d'infrastructures adaptées et résistantes à ces actes destructeurs.
Il en découle naturellement que la réussite d'un espace urbain dépend de plus en plus de la qualité du processus qui a présidé à son élaboration comme à sa réhabilitation. L'amélioration du cadre de vie influe sur la qualité des relations sociales sur laquelle se fonde la vie en communauté. Moins spectaculaire qu'une opération de grandes envergures, le " traitement social " de l'urbanisme est caractérisé par sa lenteur. Malgré cela, un traitement localisé sur un quartier maintenu sur une période suffisamment longue peut avoir des conséquences sur une partie du territoire plus vaste par irradiation (concept d' " acuponcture urbaine "). Autant dire, que l'amélioration du cadre de vie peut notablement influer sur la qualité de vie de la ville dans son ensemble !


A qui s'adresser ?

www.coin-urbanisme.org
www.emploi-solidarite.gouv.fr