L'achat de prestations intellectuelles


Etablir un cahier des charges précis et légal !
Ne pas négliger l'aspect juridique du contrat d'achat
Encadrer le suivi et le contrôle de la prestation
Acheter via un intermédiaire ou en direct ?
Le réveil du free-lancing
Sources et ressources

Etablir un cahier des charges précis et légal !

Les prestations intellectuelles ne sont pas des marchandises comme les autres. Lors de la commande et de la réception d'un produit, si l'entreprise est en droit d'obtenir certaines garanties de qualité, il est en revanche pratiquement impossible qu'elle exige une garantie totale de résultat à l'issue d'une prestation intellectuelle. Certes, une obligation de résultat peut-être souhaitée mais c'est le plus souvent l'obligation de moyens qui régit l'achat de la prestation intellectuelle… Car, il faut garder à l'esprit que l'entreprise engage sa responsabilité morale dans le choix final du prestataire et, a fortiori, dans le résultat de la prestation effectuée par celui-ci. L'entreprise devra apporter un soin particulier dans la définition de ses besoins et objectifs. Elle s'emploiera à bien préparer le cadre de son appel d'offre, à exposer clairement ses attentes afin de pouvoir négocier l'achat de la prestation dans les meilleures conditions.



Ne pas négliger l'aspect juridique du contrat d'achat

La rédaction d'un cahier des charges prévoyant les souhaits de l'entreprise est une étape décisive. Le mandant devra lister ses attentes et préciser si toute ou partie de la prestation est assortie d'une obligation de résultat ou d'une obligation de moyens. Il est conseillé de faire valider le contrat par un expert juridique, notamment pour les questions qui relèvent du droit de la propriété intellectuelle et industrielle. Car, à la différence d'un salarié dont le travail et certains droits de propriété sont liés par son état de subordination juridique (contrat de travail), le prestataire n'est lié que par un contrat d'entreprise, avec tous les risques que cela comporte (concurrence, confidentialité, copyright etc.). Il est donc d'usage de bien évaluer les risques juridiques avec un professionnel du droit avant toute signature.



Encadrer le suivi et le contrôle de la prestation

Une fois le contrat ou la convention, c'est, généralement, à ce moment que la prestation débute. L'entreprise aura tout intérêt à établir des règles de suivi - si possible prévues au contrats - tels que des états d'avancement et compte-rendu d'intervention périodiques. Bien maîtrisé l'achat de prestation se transforme, le plus souvent, en une véritable collaboration régulière sur le moyen ou long terme. Et il n'est par rare de voir des consultants - qui n'étaient sollicités que pour une mission ponctuelle - entretenir une relation professionnelle sur plusieurs années avec plusieurs entreprises clientes.


Acheter via un intermédiaire ou en direct ?

Rappelons qu'un consultant extérieur ne peut en aucun cas être salarié de l'entreprise mandante. Il ne peut travailler avec elle qu'en direct ou par le biais d'un intermédiaire ou agent. L'intermédiaire est le plus souvent une société de services (de type SSII pour les consultants informatiques) qui délègue une partie de son personnel sur le site de l'entreprise et facture sa prestation au forfait. Pour les autres domaines d'activité (conseil, formation...) on voit naître depuis quelques années des sociétés de "portage salarial". L'entreprise verse le montant de la prestation à la société de portage qui se charge de la reverser au consultant sous forme de salaire après avoir prélevé une commission et réglé les cotisations sociales. La société de portage diffère de la société d'intérim en ce sens qu'elle ne peut démarcher de clients pour le compte de ses "portés". C'est au consultant "porté" de trouver sa clientèle. L'autre moyen de faire appel à un consultant est de collaborer avec lui directement, ce qui suppose qu'il exerce sa profession soit sous forme de personne morale (société) soit sous le statut de travailleur indépendant. L'entreprise ne lui règlera qu'une seule facture ou note d'honoraires, à charge pour le consultant de régler les cotisations sociales sur sa rémunération. Attention, c'est à l'entreprise de vérifier que le travailleur indépendant est bien inscrit auprès du Siren et qu'il est donc bien autorisé à émettre des factures. Si tel n'était pas le cas, l'entreprise pourrait être redressée pour emploi de main d'oeuvre illégale.


Le réveil du free-lancing

La loi Dutreil sur la création d'entreprise a favorisé le développement des petites structures dites " micro entreprises ", composées le plus souvent d'une seule personne, et spécialisées dans les activités "libérales" les plus diverses (formation, traduction, conseil, coaching, marketing, engineering, conception...). Il devient dès lors plus facile - et plus économique - pour l'entreprise de collaborer ponctuellement avec des free-lances puisque ces derniers peuvent facturer comme tout fournisseur normal et que leurs charges sociales (qu'ils règlent eux-mêmes) sont moins élevées que celles d'un salarié. Ces prestataires solos sont chaque jour plus nombreux et commencent à se faire connaître auprès des PME/PMI notamment grâce au web. Là encore, l'entreprise devra éviter si possible les intermédiaires et autres agents... dont les prestations sont rarement gratuites.


Sources et ressources

Imotamot.com
> Annuaire de travailleurs indépendants qui offre un contact direct et gratuit avec + de 3200 free-lances.
http://www.motamot.com

freelance.com
> Agent de free-lances principalement dans l'informatique.
http://www.freelance.com

hitechpros.com
> Place de marché de prestations informatiques
http://www.hitechpros.com/

SYNTEC informatique
> Chambre syndicale des SSII et éditeurs de logiciels
http://www.syntec-informatique.fr/

guideduportage.com
> Guide pratique des sociétés de Portage Salarial
http://www.guideduportage.com