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Sécuriser les comptes clients de l’entreprise

Selon Jean-claude Nasse, Délégué Général de l'Association Française des Sociétés Financières (ASF), près de 30.000 entreprises, en 2007, ont requis les services de sociétés d'affacturage. Preuve que le risque client est plus que jamais au cœur des préoccupations des entreprises. Acheteurs Info fait, pour vous, le point sur les avantages de l’affacturage...
 
Si les clients sont la raison d’exister des entreprises, ils peuvent aussi devenir une menace pour elles... via les risques d'impayés. Et si, dans le meilleur des cas, un impayé perturbe la gestion de l’entreprise, qui se voit dans l’obligation, pour compenser les pertes, de générer un chiffre d’affaires supplémentaire, auquel il faut ajouter les divers frais de recouvrement, etc., le risque d’impayés peut, dans le pire des cas, mener l’entreprise à la faillite. Un risque qui n’épargne aucune entreprise et s’avère bien souvent funeste pour les plus jeunes et plus petites. Les plus importantes ne sont pas non plus épargnées, surtout celles qui possèdent un portefeuille clients “déséquilibré”, c’est-à-dire dont l’un des clients est à l’origine de plus de la moitié du chiffre d’affaires. Une défaillance de ce dernier et... La suite est aisément imaginable.

Comment se prémunir ?
Le fonctionnement de l’affacturage
A quel coût ?
   
 Zoom sur :   ACHATS DIRECTS : les Fabricants et Prestataires 
 Zoom sur :   Le chiffre : 122 milliards d’euros gérés en 2007 .


Comment se prémunir ?
Seulement, une entreprise sans client ne peut exister ! Aussi, doit -elle sécuriser son compte clients. Pour cela des opérations préventives peuvent être menées. Ainsi, une entreprise ayant pour volonté de développer sa clientèle a tout intérêt à s’assurer de la solvabilité de ses prospects, pour mieux maîtriser les risques... Ce qui peut la conduire à ignorer un client potentiel, plutôt que de courir au devant d’un risque d’impayé. Si cette option préventive possède des vertus, elle ne prémunit pas l’entreprise du risque qu’exercent les clients “en portefeuille”. Ainsi, doit-elle maintenir un œil permanent et vigilant sur la solvabilité de l’ensemble de ses clients... ce qui réclame d’y consacrer un temps précieux et d’y affecter du personnel en conséquence. La gestion du compte clients a donc un coût pour l’entreprise au-delà même de son aspect purement commercial. Un coût qui n’entre pas dans son cœur de métier et qui, de fait, peut bénéficier des avantages d’une externalisation.
En la matière, l’externalisation se nomme “affacturage” ou, en anglais, “factoring”. Il s’agit d’un contrat par lequel un établissement de crédit spécialisé, appelé factor, achète ferme, moyennant rémunération, les créances détenues par un fournisseur, appelé vendeur, sur ses clients, appelé acheteurs ou bénéficiaires de services. L’opération consiste à céder au factor ses factures en échange de quoi le factor consent une avance sous déduction des intérêts et commissions. Attention, le vendeur peut se voir dans l’obligation d’accorder au factor l’exclusivité de l’affacturage de toutes ses créances. C’est donc au factor de recevoir l’encaissement des factures. Ainsi, en cas d’impayés, le risque est assuré par le factor qui ne peut se retourner contre le vendeur des créances, c’est donc pour ce dernier une assurance contre les impayés !


Le fonctionnement de l’affacturage
Concrètement le fournisseur de créances doit obtenir l’approbation du factor pour chacun de ses clients avec, généralement, un plafond par client. Face à cela, le factor offre trois services :
• le financement du poste client, c’est-à-dire une avance.
• la gestion du recouvrement des créances, ici c’est le factor qui se charge de récupérer les montants.
• la garantie de paiement des factures ; c’est donc le factor qui assume le risque d’impayé.

A noter que certains factors proposent des contrats dans lequel il n’impose pas la remise totale du CA, ainsi l’entreprise peut demander un financement partiel. L’affacturage est donc avantageux pour le vendeur de créances, puisque ce système le décharge du souci de la gestion du poste clients, de l’encaissement des sommes dues et le prémunit du risque d’impayés. En outre, on peut noter divers avantages “accessoires”. En effet, l’affacturage, sous-traitance du poste clients, permet à l’entreprise de faire de réelles économies d’échelles sur les charges du personnel, les frais d’assurance et les coûts de financements bancaires. D’autre part, en remettant au factor ses créances, elle évite de devoir estimer jusqu’à quelle limite d’encours elle peut traiter avec un client, car il lui suffit d’interroger son factor qui fixera l’encours garanti. Enfin, les fonds sont réglés par chèque, virement ou billet à ordre aussitôt facture faite (dans ce dernier cas, le factor ne perçoit pas d’intérêts si l’échéance du billet est identique à la date du règlement de la facture et qu’il n’y a donc pas décalage entre la prise en charge par le factor de la facture et son règlement effectif par le bénéficiaire).


A quel coût ?
Le factor se rémunère au travers de deux éléments :
• la commission d’affacturage qui est calculée sur le montant des créances transférées et constitue le paiement des services de gestion comptable, de recouvrement et de garantie de bonne fin. D’une façon générale, ce service a un coût compris entre 0,7 et 2,5 % du CA confié (taux moyen 1,5%).
• les intérêts débiteurs ou commissions de financement sont calculés au prorata temporis et représentent le coût du financement anticipé. Leur taux varie en fonction de l’évolution du loyer de l’argent, de la qualité du cessionnaire et du mode de règlement des factures cédées. Dans le cas d’un règlement par chèque, le coût est équivalent à celui du crédit bancaire et pour un billet à ordre le factor perçoit une commission de l’ordre de 1% l’an. Bien évidemment, l’entreprise se doit d’estimer le montant de ces coûts avant d’engager toute démarche, mais sans oublier de mettre en parallèle les coûts “cachés” de la gestion du poste clients (personnels dédiés, frais de recouvrement, temps passé, etc.). Ce n’est que sur cette base comparative qu’elle pourra se décider de faire appel, ou non, à une société d’affacturage.

Quoi qu’il en soit, le poste clients ne doit pas se transformer en cauchemar de l’entrepreneur. Entre des actions de prévention bien menées en phase de prospection et/ou le recours à la sous-traitance du portefeuille clients, l’entreprise peut s’assurer une certaine tranquillité. Des soucis en moins qui lui permettent de se concentrer notamment sur la qualité des produits ou services qu’elle réalise...


Le chiffre : 122 milliards d’euros gérés en 2007

En hausse de 21,5 % par rapport à 2006, les sociétés d’affacturage ont géré près de 122 milliards d’euros de créances en 2007 (chiffres de l’Association française des Sociétés Financières - ASF).